lundi 12 octobre 2009

First Time (je me plie à D.Goux)

Didier Goux ( :-< ) a lancé sa chaîne : "votre première fois". Je me plie à l'exercice. Je dois l'avouer avec une certaine douleur.

Elle était et de loin, la plus belle fille de toutes les filles des Première
s. Nous étions en 79. Elle était plus que ça, car je crois qu'elle l'était de tout le lycée E.M de Grenoble. Belle comment ? Pas assez blonde pour être vraiment blonde, des yeux bleus comme des appels à la noyade, grande, fine. De toutes les filles du bahut, elle était une des rares ou la seule a être déjà tout à fait "dégrossie", contrairement à la plupart des autres de cet age : 17 ans. Elle était belle car sans la moindre vulgarité, avec ce petit coté virginal. Et elle était sérieuse, très, bosseuse, réservée. Elle riait poliment aux blagues des autres, discrètement. La résumer ? Un concentré de retenue dans une brique comprimée de féminité avec ce coté outrageusement sexy car totalement involontaire : trop belle pour moi, trop belle pour tous, trop belle pour elle. C'est elle qui m'a choisi. Je n'ai rien fait pour l'en dissuader. Pourquoi moi ? Aucune idée. Mes blagues ? Mon autonomie ? Ma grosse mobylette ? Mes sauts en parachute ? Aucune idée et pour tout dire, je m'en foutais. Par contre, je savais et je le décidais : hors de question de tomber amoureux ! Trop dangereux. Quant à l'acte lui-même, il ne me paraissait ni compliqué, ni obligatoirement à faire au plus vite pour frimer ou se prétendre initié à un de ces mystères factices. Le coté, "je suis un homme maintenant" m'a toujours fait rigoler. Belle beaufitude ! Je me suis senti homme, le jour où j'ai eu le courage de fermer les yeux d'un mort plié en quatre sous une voiture. Enfin, l'occasion fait le larron. En fait, je ne fus pas le larron. Je ne me souviens plus du tout de sa peau, de ses seins ou de quoique ce soit d'autre. Sauf peut être de ces yeux. Le reste a été peloté, baisé, pénétré. Ses yeux non. Je dois avoir une mémoire visuelle.

L'approche se déroula rapidement. Un principe physique éternel. Deux personnes qui marchent l'une vers l'autre se rejoignent plus vite que dans le cas d'un seul mobile, peu importe les raisons. Une semaine de bises matinales de plus en plus appuyées, deux ou trois jours de cafés en tête en tête. Ensuite, c'est elle qui trouva le prétexte d'un
devoir à faire ensemble ("faire son devoir" !, y'avait un peu de ça). Alors chacun joua sa part de comédie, tout le monde dupe tout le monde. Ce vendredi soir ses parents ne seraient pas là. Je passerais à 19h00. Les choses s'enchainèrent paisiblement sans panique, sans peur, une découverte ni joyeuse ni inquiète. Un cool ravissement. Pour moi comme pour elle, tout alla bien et de façon parfaitement involontaire. Pas de quoi en faire un plat même si, ce plat, on le remis plusieurs fois de suite cette nuit. Jeunes, en bonne santé ......

Cela dura chaque vendredi et même certains samedi. Ces parents avaient une maison de campagne mais elle, cours le samedi. Pendant plusieurs mois jusqu'en avril, de pures séances de baise sans trop de cette métaphysique de nos ages. D'ailleurs, cela m'étonna. Il y avait un décalage entre la fille visible, un peu fleur bleue, un peu
baba romantique et sa pratique du lit. Au fil des semaines elle changeait et plus elle changeait plus je me confortais dans mon choix de ne pas tomber amoureux. A regret certes mais avec un bon pressentiment. Elle changeait, devenant moins sérieuse, moins bosseuse, plus visible, plus expressive. En Avril, il y eu un week-end d'exception, d'abstinence, ces parents ne seraient pas en week-end. Un autre un peu plus tard. Je compris assez vite qu'en fait, cette abstinence n'était pas partagée. Encore quelques week-end, de plus en plus actifs voir exigeants. Et puis, plus rien, sauf pendant les vacances d'été où nous nous étions retrouvés quelques jours, un peu par hasard. A la rentrée suivante, l'année du bac, ce n'était définitivement plus du tout la même fille. Quelques lointains rapports un ou deux week-end. Elle rata son bac. Pas moi. Les quelques nouvelles qui me parvinrent d'elle, ensuite, étaient édifiantes.

C'est 7 ans plus tard, alors que j'étais à Paris, que j'appris son décès d'une longue maladie sexuellement transmissible. Un choc terrible. Si le sexe pour moi, n'avait été ni cette révélation, ni cette gloire, ni cette découverte d'une terre promise, pour elle, cette rencontre l'avait transformée au point de la perdre.

Le lendemain de cette nouvelle violente, j'arrêtais le sexe, net. Ne le dites pas à ma femme, elle n'est pas au courant, c'est la mère de ma fille quand même. Avec l'amour, au moins, on ne risque rien.

4 commentaires:

  1. Pas très gai, c'est vrai, mais excellent. Je ne regrette pas d'avoir lancé cette chaîne, ce matin.

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  2. Très bonne idée !
    Pierre, j'aimerais vous joindre. Comment fais-je ?
    Je n'ai pas trouvé d'adresse mail dans votre profil.

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  3. ah oui mon mail pierre_robes_roule (x) yahoo.fr !

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