Le Diable se cache dans les détails, c'est acquis. Le totalitarisme qui vient - je vous l'assure - se camoufle dans d'obscurs colloques, au Sénat,retransmis sur la chaîne parlementaire. C'est étrange.
Oui le totalitarisme revient. Il n'est jamais parti d'ailleurs, juste un peu éloigné. L'historien américain Paxton en conclusion de son livre sur Vichy a écrit que le totalitarisme reviendrait, en précisant qu'il aurait un visage rassurant comme "Hitler et Pétain avaient su, en leur temps, rassurer les Allemands et les Français". Churchill avait promis du sang et des larmes. Rien de bien rassurant.
Oui le totalitarisme revient. Il n'est jamais parti d'ailleurs, juste un peu éloigné. L'historien américain Paxton en conclusion de son livre sur Vichy a écrit que le totalitarisme reviendrait, en précisant qu'il aurait un visage rassurant comme "Hitler et Pétain avaient su, en leur temps, rassurer les Allemands et les Français". Churchill avait promis du sang et des larmes. Rien de bien rassurant.
Sauf pour les membres de ce colloque qui tenaient à nous rassurer : l'histoire unanime est en marche, ils sont en train de l'écrire. Le décret est presque rédigé et portera, mais quoi d'autre !, le numéro 1984. N'oublions pas, tout de même, de créer le ministère de la Vérité. On ne manquera pas de candidat pour le poste.
Ce matin, je m'accordais une pause café agrémentée de quelques minutes de télévision. Les programmes indiquait pour la chaîne parlementaire : Colloque. Les troubles de la mémoire. 1940-1962. Considérant que la perte de ma mémoire comme de mon Histoire serait, au sens propre, un enfer, je me décidais pour ce programme d'histoire médicale contemporaine : Alzheimer, un premier bilan historique. Et bien ce n'est pas de neurones ni de synapses dont il était question mais bien du problème fondamental de ne pas avoir la même interprétation historique entre peuples européens, Corée du Nord inclue. L'Europe de l'Atlantique à bien au-delà de l'Oural. Vous comprendrez.
Les troubles de la mémoire ?! Bien sûr nous sommes malades, tous, à ne pas vouloir considérer l'Histoire commune - des Peuples, au même endroit à la même époque - dans les mêmes termes, les mêmes causes, les mêmes effets, alors que nous sommes tous les mêmes, tous pareils puisque tous égaux. Le titre de ce colloque est plus qu'édifiant, il est le sens même. Les troubles de la mémoire sont normalement traités par des neurologues, des psychiatres du charnel, ces histrions - des historiens bouffons - prétendent nous guérir et je vous assure ce que j'ai entendu pendant cinq minutes est absolument effrayant.
L'introduction du colloque fut l'œuvre d'un certain Benoit Falaize. J'aurais préféré Fadaises mais tout ça est très sérieux. Il a rappelé, plusieurs fois, que l'Histoire était un enjeux idéologique, enfin, pour les autres car l'idéologie c'est toujours les autres, c'est à dire l'extrême-droite qui veux instrumentaliser, déformer, faire de la récupération. A aucun moment, Benoit Falaize n'image que lui-même est porteur d'une idéologie, qu'il n'est pas neutre. Sa suffisance, ses certitudes sont celles du camps du Bien : il est un porteur sain, les autres ont des virus. J'apprenais aussi, toujours par Falaize, que des historiens européens cherchaient à se mettre d'accord sur des lieux de mémoire communs, comme point de départ d'une nouvelle histoire contemporaine. Quels historiens ? Qui finance et dans quels buts ? On ne sait pas. Par contre, on savait maintenant que trois lieux avait été proposés et un seul retenu. La Mosquée de Cordoue : refusée. On attendrait la re-Reconquista ? Le mur d'Adrien : refusé. Un camp défendait cette Europe qui se protège, l'autre refusait cette Europe qui s'enferme ? Auschwitz eut l'unanimité.
C'est à ce moment que Falaize utilisa ces expressions absolument effrayantes : "la construction de citoyens européens sur la base d'Auschwitz", "Auschwitz comme point de départ" de cette nouvelle histoire. Auschwitz et ses trains de la mort ! Une gare d'arrivée, définitive, terminale, finale pour des millions de juifs. La voilà maintenant gare de départ pour les nouveaux citoyens européens. Il faut bien saisir le dogme, la religiosité dans cette proposition. La Shoah comme nouveau péché originel, on passe d'Adam et Eve à Adolf et Eva, les pommes c'est nous, le serpent, toujours en bête immonde, doit être d'extrême droite. La religion est l'exact contraire de l'Histoire, son symétrique opposé. Mais quel sens donné à une telle religion sans Dieu, avec un massacre comme acte fondateur ? "La construction de citoyens européens sur la base d'Auschwitz !". Il y a une usine de fabrication de citoyens européens ! Point de départ de la chaîne logistique : Auschwitz. Mais ils sont tarés ou quoi !?
Et le communisme alors ? Et c'est bien l'argument le plus incongru, le plus inattendu que Falaise posa sur la table : Oui, mais il y a la Corée du Nord ! Je dois admettre que cela devenait tellement confus que je ne sais pas ce qu'il fallait comprendre. Risquer de froisser les Coréens qui pourrait partager la même histoire que nous ? Attendre, sait-on jamais, que là-bas ils arrivent à construire ce monde meilleur ? Que venait foutre la Corée du Nord dans cette galère ? Exit les troubles de la mémoire ! Voilà les troubles de la pensée, du B-A BA, de la logique la plus primitive, du bon sens à ras de pâquerettes. Benoit Falaize ? Sautez ! Heureusement qu'il en terminait, je n'en pouvais plus.
Je me suis accordé quelques minutes de pause hilarantes. L'orateur suivante, une jeune femme blonde, après un cirage de pompe de l'ensemble des acteurs qui n'avait d'égal que la profondeur du sommeil des sénateurs présents, parla de la guerre civile espagnole. Elle précisait le mouvement commencé en Espagne pour déterrer les corps des fosses communes républicaines. Déterrer les morts, une manie chez les Républicains ! Curieuse conception et quel manque de bons sens. Ce n'est pas parce qu'on aurait plus de victimes dans son camp qu'on aurait forcément moins d'assassins à ses cotés ! Mais c'est trop subtil, pas assez binaire. Visiblement fière de son espagnol, l'oratrice a bien pris soin de traduire le titre exact de la commission ibérique en charge de cette opération : Commission pour la RECUPERATION de la mémoire. Vous avez bien lu : pour la récupération. Comment qualifier alors le fou rire qui m'a pris. Nerveux ? Cynique ? Mécanique ? Ce rire était fou et moi probablement avec. J'ai coupé la télé juste après que cette doublement blonde platine ait précisé que ce travail était surtout du au gouvernement socialiste de Zapatero.
Je pensais en avoir fini.
Et cet après-midi même, je lis dans le journal Marianne, un autre article s'inscrivant dans une série historique. Il s'agit des millions de morts de famine en Ukraine, sous Staline. Le titre de la série d'articles, c'est historique : "Les drames économiques". Des millions de morts ? Une erreur dramatique en économie, des erreurs du père Joseph dans son Gosplan, ça arrive ce genre de choses ! En politique, le plus grand calculateur mais en économie Staline était nul. Il soustrayait sans retenue. Forcément quelques morts économiques. En Ukraine, une famine comme erreur économique. Et les train d'Auschwitz ? Une erreur d'aiguillage. Ces gens sont fous.
Je vous fiche mon billet qu'un jour nous aurons droit à "un manuel de l'histoire officiel". On regrettera une maladresse de typographe. Moi je verrais une faute d'orthographe. Un accord imparfait.
Ma mémoire va bien merci, et ce colloque je ne suis pas prêt de l'oublier.
PS : en commençant son introduction, l'Historien Falaize regrettait que son institut ait été dissous récemment par décret. Si je devais ne retenir qu'une seule chose positive de ce gouvernement .....
Lien sur la vidéo du colloque.
Merci pour ce brillant billet.
RépondreSupprimerJ' ai bien rit à défaut d'en pleurer.Autant de sottises dans les médias ingurgitées en une seule journée c' est héroïque.
Le totalitarisme qui reviendrait, sous le masque d' un "visage rassurant", c' est tout à fait l' antirascisme.
"La Shoah comme nouveau péché originel, on passe d'Adam et Eve à Adolf et Eva, les pommes c'est nous, le serpent, toujours en bête immonde, doit être d'extrême droite".
J' ajouterais à la Shoah le colonialisme pour dessiner la nouvelle mythologie sur la base de laquelle le musulman Caïn s' apprête à tuer l' occidental Abel.
Bon. J'ai tenté l'impossible: suivre le petit lien et ecouter Falaize. Je suis désolé de n'a voir pas eu votre patience, j ai arrêté au bout de 4 minutes environ. Ce mec est-il fou ?
RépondreSupprimer"le passé est urgence", "il me faut typologiser la construction mémorielle", "la shoah comme base d une matrice de cette construction mémorielle"...
burps !
"Mais quel sens donné à une telle religion sans Dieu, avec un massacre comme acte fondateur ?"
RépondreSupprimerPeut-être qu'il n'y a tout simplement aucun sens à tout cela. Notez que ce n'est pas la première fois qu'un massacre est fondateur de quelque chose. L'histoire officielle estampillée EdNat nous vend les guerres de religion, leurs horreurs et le fait qu'elles étaient dans un coin de l'esprit des révolutionnaires de 1789 qui fort heureusement y mirent un point final en accouchant de cette si merveilleuse laïcité. Or, pour peu que l'on veuille bien observer les faits, la dernière guerre de religion qui a sévit en France a justement débuté en 1789. Elle opposait les catholiques aux fidèles de la nouvelle religion séculière. Elle culmina durant les guerres de Vendée et s'acheva en 1905, lorsqu'après une loi scélérate la raie publique dépouilla l'Eglise de ses bâtiments, hôpitaux, trésors, etc. Le tout sans aucune indem,nisation même minime. Aujourd'hui, il se trouve encore des gugusses qui se fantasment hussards noirs de la république pour débiter toutes les saloperies possibles sur l'Eglise.
@Amiral K
RépondreSupprimerJ'ai toujours pensé que la "nationalisation" des biens de l'église était en fait une privatisation. Beaucoup de ces biens ont été rachetés par des bourgeois "socialistes" (cf Danton il me semble) alors qu'auparavant, ils participaient au bien commun (hospices, éducation de jeunes filles, .....)
Plutôt une spoliation qu'une véritable privatisation. C'est d'ailleurs le propre des révolutions, de toutes les révolutions, le moteur étant moins un désir d'émancipation que l'accès au pouvoir de la petite bourgeoisie. Tous les "grands libérateurs" de 1789 à 1917 en passant par Mao, Pol Pot, etc. n'étaient en définitive que de petits besogneux, généralement instruits mais dévorés par l'envie.
RépondreSupprimerSpoliation des biens destinés au bien commun me parait plus approprié concernant le vol, que dis-je, le pillage des biens de l'Église par les psychopathes révolutionnaires dont se réclame les Républicains et le GOF.
RépondreSupprimerLes Libyens subissent le même processus en ce moment avec le pillage de leurs ressources naturelles , de leur fond souverain et de leur liberté par une bande de criminels.
La Shoa ? Je n'y crois pas. Guillotinez-moi !